Journée nationale d’Hommage aux Harkis
Posté le Dimanche 24 septembre 2006 @ 11:57:44
par Actus
contribution de : Actus |
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Journée
nationale d’Hommage aux Harkis
25 septembre 2006, journée nationale
d’Hommage aux Harkis et aux membres des forces supplétives.
10 questions à :
1)
Cet Hommage national est il important? Si oui, pourquoi ?
Cette journée est importante parce qu'elle reste une grande
occasion d’information : même si on peut regretter
le faible écho dans les médias nationaux, en revanche, les journaux
régionaux sont toujours preneurs des textes et réflexions sur
ces pages d’histoire mal connues.
Au-delà de la cérémonie officielle aux Invalides, au-delà
des discours officieux parfois convenus, cette journée d’Hommage
nationale doit être un outil pédagogique qui doit aider à
faire comprendre à tous les Français que l’Etat français
a une dette envers les Harkis, et faire savoir que tout n'a pas encore
été réglé ni pour les harkis, (indemnisation,
retraites, libre circulation vers l’Algérie) ni pour leurs enfants
(chômage, logement, discrimination…).
2) Cet hommage est il la reconnaissance de la
responsabilité de la République ?
Non. Mais c’est un premier pas dans ce sens. Le discours du 25 septembre
2001, les débats à l’occasion de la loi du 23 février
2005 ont rappelé la fin dramatique de l’Algérie française.
Plus personne ne nie aujourd’hui la non protection des Harkis et Pieds
Noirs en Algérie après les Accords d’Evian du 18 mars
1962. Personne, de gauche comme de droite ne nie les massacres de dizaines
de milliers de Harkis et leurs familles ni les disparitions par millier de
Pieds Noirs après le prétendu cessez-le-feu. Pour autant, le
gouvernement et le parlement n’ont pas osé aller jusqu’à
la reconnaissance claire, pleine et entière de la responsabilité
de l’Etat de 1962.
3) Quels problèmes restent à résoudre
?
- La reconnaissance sans équivoque de la responsabilité
de l’Etat Français dans l'abandon des harkis, désarmés,
et leurs famille aux mains du FLN, la reconnaissance de n’avoir pas
secouru puis rapatrié tous les Harkis et donc la reconnaissance de
sa responsabilité dans les massacres puis dans la gestion indigne des
rescapés dont les enfants furent socialement sacrifiés à
cause de la politique d’enfermement dans des camps isolés et
insalubres. Bien évidemment la reconnaissance politique exige au préalable
la connaissance des faits. D’où la demande d’une commission
d’enquête parlementaire sur les disparus.
- La libre circulation entre la France et l’Algérie
pour les Harkis qui le souhaitent, comme pour tout citoyen français
qui désire se rendre en vacances en Algérie. Interdire à
des Harkis d’aller en Algérie quelques semaines pour revoir de
la famille ou le village de leur enfance est une violence symbolique injustifiée
compte tenu du fait que les Algériens, anciens du FLN, peuvent eux
venir en France, pour des vacances et souvent plus !
- L'indemnisation des enfants qui ont vécu dans les
camps pour le préjudice moral subi (perte d’égalité
des chances en raison de la scolarisation en vase clos)
- Une lutte sérieuse contre les handicaps à l’emploi
(manque de formation, délit de faciès,) par des emplois dans
la fonction publique, à tous les niveaux, (priorité à
compétences équivalentes).
4) L'allocation pour les
Harkis (loi du 23 février 2005) est elle satisfaisante ?
Beaucoup d’anciens disent : c‘est mieux que rien
! Mais ils ont le sentiment qu’on s’est moqué d’eux.
C’est vrai que pour des personnes très âgées, aux
revenus modestes, " c’est mieux que rien ". C’est vrai
que la gauche serait mal avisée de critiquer la modicité de
cette allocation de 30 000 euros, elle qui n’a rien donné ! Mais
force est de reconnaître que 30 000 euros pour réparer la perte
de sa maison, de ses terres, de parents souvent, les risques pris sous l’uniforme
français, le drame du déracinement par loyauté à
la France, des années dans des camps ou hameaux forestiers coupés
du monde, 40 ans d’histoire déformée… Oui, 30 000
euros pour toutes ces souffrances, tous ces préjudices, cela frise
l’indécence !
5) Mékachéra a présenté
cette loi comme la dernière. Qu'en pensez vous ?
Hamlaoui Mékachéra a effectivement dit cela car le gouvernement,
comme tout gouvernement, espérait que sa loi serait la dernière,
pour ne plus être interpellé sur ce dossier "Harki"
qui gêne les politiques de tous les bords depuis 1962 !
En la circonstance, comme en d’autres (passivité face aux insultes
algériennes, clientélisme éhonté vis-à-vis
des associations…) Mékachera a déçu Harkis, Pieds
Noirs et anciens combattants. Il n’a pas su défendre ce dossier,
se contentant d’être le relais docile du gouvernement. Il a rejeté
ainsi les amendements proposés même par des députés
UMP de sa propre majorité !
Mais si au début, cette loi était censée "parachever"
le dossier Harki, rapidement, face à la colère des associations,
Mékachéra, et donc à travers lui le gouvernement, a par
la suite concédé que "cette loi ne soldait pas le dossier
Harki". En fait, les 30 000 euros d’allocation forfaitaire ne sont
que le paiement en une fois de la rente viagère instaurée par
la gauche. Ce n’est ni une indemnisation des biens perdus, ni une réparation
des préjudices subis. Cette loi ne fait rien pour les enfants (discrimination
positive par exemple) et surtout reste dans une logique d’assistanat
social, pas de justice.
6) L'artcle 4 a fait couler beaucoup d'encre.
Quelle est votre position ?
L'article 4 de la loi de février 2005 prévoyait que les programmes
scolaires et de recherche universitaire accordent à la présence
française outre mer et spécialement à certains de ses
aspects positifs en AFN ainsi qu'à l’histoire et aux sacrifices
des combattants issus de ces territoires, la place qu'ils méritent.
Cela a été une levée de boucliers et une polémique
surtout alimentée par des idéologues qui se complaisent à
ne parler que des pages sombres de l'histoire de la France, confondent les
époques, et font à dessein l'amalgame entre conquête,
colonisation, système colonial, esclavage et présence française,
plutôt que la position respectable des vrais défenseurs de la
vérité sous tous ses aspects et d'une liberté totale
pour les historiens d 'interpréter notre passé à l 'abri
de toute ingérence du pouvoir politique et souhaitant la suppression
de toutes les dispositions législatives récentes concernant
l'histoire .
Certes on peut regretter une maladresse évidente dans la formulation
d'une partie de l'article mais comment ne pas trouver ridicule et déplacé,
ce déchaînement d'hypocrisie et de haine chez certains et la
reculade pitoyable ou la volte face et la démagogie de ceux qui ont
été à l'origine de cet article, qui l’ont voté
3 fois et promulgué avant de supprimer un alinéa !
Cela ne méritait certainement pas ce tapage médiatique et le
seul résultat tangible est que les programmes scolaires et les enseignants,
en toute bonne conscience, maintiendront la chape de plomb qui occulte les
tragédies subies par les rapatriés, les pages propres de notre
histoire Outremer et l 'action "positive" de certains français
Outremer ... La recherche de la vérité et le rôle du parlement
ne sont pas sortis gagnants de ces polémiques toujours caricaturales
et souvent de mauvaise foi.
7) Les insultes de Frêche ont ému
l'opinion. Quelles sanctions a-t-il reçu ?
Les propos injurieux qui ont pour caractère l’incitation à
la haine raciale ont été condamnés par l’opinion
publique mais pas encore par la justice (c’est prévu pour le
28 sept à Montpellier). Certains élus de la gauche plurielle
dont Laurent Fabius l’ont fait sans équivoque. Mais François
Hollande s’est contenté d’une "suspension de Georges
Frêche du bureau national du P.S", sanction dérisoire qui
n’empêche pas Monsieur Frêche de continuer à parader
sur les estrades aux cotés de Lang ou Royal !
Le 28 septembre, trois jours après l’Hommage national aux Harkis,
Frêche sera jugé à Montpellier (sauf si courageusement
il fait repousser dans l’espoir que le temps fera oublier la gravité
de ses injures…). Les Harkis invitent leurs amis anciens combattants
et Pieds Noirs à venir nombreux assister au procès. Il serait
incompréhensible que Frêche ne soit pas condamné sévèrement.
Les Français suivront avec attention le verdict de Montpellier, qui
ne saurait être un encouragement à la haine raciale. Ils espèrent
une sanction exemplaire à l’encontre de Georges Frêche
pour ne pas laisser impunément un élu de la République
bafouer les valeurs d’égalité et de fraternité.
8) Une association de Harkis* appelle à
boycotter cette cérémonie. Qu'en pensez vous ?
C'est une erreur. Même si des Harkis peuvent avoir des raisons légitimes
de déception face aux promesses non tenues, voire de la colère
contre un gouvernement trop passif face aux insultes et provocation de Bouteflika,
il n’en demeure pas moins qu’il ne faut pas tout mélanger.
Cette journée n’est pas celle du gouvernement ou de Mékachéra.
C’est celle des Harkis et de leurs frères d’armes. C’est
une journée pour eux, pour commémorer leur courage.
Profitons de cette journée pour expliquer encore pourquoi "les
Harkis ont des droits sur la République". Rendons hommage aux
morts et aux vivants, à leur courage, à leur dignité.
9) AJIR, l'association la plus importante de
Harkis et le Cercle Algérianiste, l'association la plus importante
de Pieds Noirs ont démissionné du HCR (Haut Conseil des Rapatriés),
pourquoi ?
AJIR est à ce jour la seule association nationale, avec le Cercle Algérianiste,
à avoir démissionné du Haut Conseil aux Rapatriés
(HCR). Ce n’est pas pour nous singulariser que nous avons décidé
de ne plus siéger dans cet organisme dont le crédit auprès
des rapatriés (Harkis et Pieds noirs) est au plus bas depuis sa création.
Nous avons dès l’origine, en 2003 lors de la " désignation
" des membres du premier HCR, exprimé notre scepticisme et notre
refus d’en faire partie. Les raisons ont été notifiées
au Premier Ministre par une lettre du 13 mars 2003 (publiée intégralement
dans notre revue " Paroles Données "… de novembre 2003).
Dans ce courrier nous dénoncions une politique sans ambition ni imagination.
Nous exprimions aussi notre profond désaccord quant à la méthode
utilisée pour la désignation des membres et des vice-présidents
de cette énième commission pompeusement dénommée
HCR.
La nomination d’office
des vice-présidents bafoue les règles élémentaires
de démocratie et traduit la volonté de la mise sous tutelle
perpétuelle des Harkis et de leurs représentants. Le choix des
membres ne respectait pas, non plus, l’équilibre entre les associations
nationales dont beaucoup n’étaient pas représentées
et d’autres, dociles, surreprésentées.
A la suite de ce courrier nous avons rencontré le Conseiller du Premier
Ministre, un certain… Emmanuel CHARRON, qui s’était déclaré,
alors, conscient des problèmes soulevés et pensait qu’ils
pouvaient être résolus à l’avenir!
Pour le HCR 2, AJIR a maintenu ses griefs et ses critiques mais a accepté
de faire un essai pour voir. Nous avons pris la peine d’expliquer nos
motivations et de poser nos conditions pour être membre de cette instance.
Hélas, les mêmes causes produisant les mêmes effets, notre
représentant a claqué la porte dès la deuxième
séance de travail en dénonçant entre autre, dans une
lettre au Président du HCR, l’absence de considération
du Gouvernement à l’égard des Harkis, qui était
si manifeste que notre présence dans cette instance ne pouvait que
servir d’alibi. Car en effet comment expliquer autrement que des évènements
portant atteinte aux Harkis et aux Pieds noirs n’ont eu pour écho
que le silence "assourdissant" des plus hautes autorités
de l’Etat et de ce HCR.
10) Le traité d'amitié semble enterré. Pourquoi et faut
il s'en réjouir ou le déplorer ?
AJIR était pour un traité d’amitié voire de fraternité
entre les peuples français et algérien mais à condition
que s’expriment amitié et fraternité de part et d’autre
de la Méditerranée. Nous sommes intimement convaincus que la
majorité des Français et des Algériens est prête
à cela. Hélas les gouvernements ne sont pas sur la même
longueur d’ondes. Pour des raisons électoralistes internes dit
on, Bouteflika et ses Ministres ont poussé trop loin la provocation.
Du coup le projet de traité semble enterré ou pour le moins
bien différé ! Tous ceux qui attachent de l'importance au respect
entre les Etats et à des relations véritablement apaisées
entre l'Etat français et l'Etat algérien ne peuvent qu'être
soulagés car l’affaire était mal engagée.
En effet alors que les liens historiques entre les deux peuples rendaient
souhaitable une refondation des relations officielles, les étapes politiques
préalables et nécessaires entre les deux Etats n 'ont pas été
franchies : au-delà des déchirures du passé, il fallait
des gestes d'ouverture et de respect mutuel. Or ce furent déclarations
de haine, insultes et des demandes de repentance à sens unique de la
part du Président Bouteflika en réponse à l'attitude
positive et même parfois excessivement accommodante des autorités
françaises. Dans ces conditions, un traité dit d’amitié
n’avait plus aucun sens. Il faut sans doute laisser encore du temps
au temps....
Le Bureau national d’AJIR pour les Harkis.
Paris, le 24 septembre 2006.
*Lire le communiqué de la Coalition
Nationale des Harkis : lien
Communiqué
de la COORDINATION NATIONALE DES FRANÇAIS d'ALGERIE :
| Communiqué
15 septembre 2006
Objet : Commémorations-Harkis
La CNFA s’associe fraternellement avec les harkis pour commémorer
le drame qui fut le leur et pour s’opposer à la volonté
d’oubli qui perdure depuis 44 ans.
Elle sera présente ce 25 septembre aux diverses manifestations
locales qui seront organisées.
La CNFA tient cependant à se démarquer des récupérations
électorales indignes, qui se font jour ici ou là.
Elle s’oppose fermement aux manipulations politiques, qui à
l’approche des échéances électorales fleurissent,
comme toujours depuis 1962, pour récupérer des suffrages
« utilitaires ».
La CNFA dénonce ces outrages honteux de la part de militants
de tendances idéologiques, qui célèbrent aujourd’hui
le drame d'une communauté qu'ils ont laissé massacrer
hier.
OUI au souvenir, NON au simulacre !
130 Avenue de Palavas 34070 Montpellier Tel: 0467995958
e-mail: coordinationcnfa@free.fr
http://coordination.cnfa.free.fr |
Communiqué
de Jeune Pied-Noir :
| POUR
INFORMATION
25 septembre 2006
HOMMAGE AUX HARKIS
Parmi toutes les cérémonies qui vont se dérouler
dans toutes les villes et villages de France et des Dom-Tom à
l'occasion de cette 6e Journée nationale d'Hommage aux Harkis,
nous tenons à signaler les cérémonies suivantes
:
A AVIGNON, Mme Marie-José ROIG, maire et ancien ministre, inaugurera
lundi 25 septembre à 17h45 l'exposition "Harkis, Soldats
de la France, Soldats de l'Armée d'Afrique" dans le péristyle
de l'Hôtel de Ville (cf. communiqué de presse ci-joint).
A ISSY-LES-MOULINEAUX lundi 25 septembre à 18h, M. Michel BART,
Préfet des Hauts-de-Seine, présidera avec M. André
SANTINI, la cérémonie départementale au monument
aux morts. Puis ils inaugureront l'exposition "Harkis, Soldats
de la France, Soldats de l'Armée d'Afrique" (cf. communiqué
de presse et dossier "reconnaissance nationale" ci-joints)
Enfin à PARIS, M. Bertrand DELANOE, qui avait oublié de
faire pavoiser durant 3 années les édifices publics de
la capitale de la France contrairement aux exigences de la loi pour
les cérémonies du calendrier officiel de la République
française, se rattrape en inaugurant le dimanche 24 septembre
à 16 heures une plaque commémorative en "Hommage
aux Harkis et aux victimes civiles des conflits d'Afrique du Nord".
Merci de nous signaler les maires qui ne commémorent pas le 25
septembre, celles qui ne pavoisent pas ou qui ne font pas d'information
de leurs administrés par voie d'affiches sur les panneaux municipaux.
Ils encourent, en cas de non-commémoration, une suspension de
leur fonction de maire d'un mois.
L'année 2007 marquera le 45e anniversaire de l'exode des Français
d'Algérie. A cette occasion, la campagne nationale "1830-2007
: Hommage aux Français d'Afrique du Nord", lancée
officiellement auprès des élus au Sénat le 7 juin
dernier, débutera à AIX-EN-PROVENCE en présence
de Mme Maryse JOISSAINS, député-maire. AIX-EN-PROVENCE,
ville d'accueil des Français d'AFN et leur mémoire, fut
la première ville de France à inaugurer en 1965 un mémorial
en hommage aux Français d'AFN victimes du terrorisme et des conditions
dramatiques d'abandon de leur terre natale. De nombreuses villes apportent
déjà leur soutien à cet hommage aux Français
d'Algérie, du Maroc et de Tunisie et à tous ceux qui les
ont défendu. Comme la campagne nationale de solidarité
française "Hommage aux Harkis" lancée par JPN
en 1985, cette campagne est ouverte à toutes les bonnes volontés.
Pour en savoir plus, consultez notre site :
http://perso.wanadoo.fr/jeunepiednoir/jpn.wst
Gagnons ensemble !
Jeune Pied-Noir
Contact Associations : Bernard Coll
Secrétaire général de JPN
06 80 21 78 54 |
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