|
:: Harkis :
la France « reconnaissante » mais pas « responsable »
NDLR : B. STORA ou l'art de choyer sa zone de chalandise
en adaptant l'Histoire à ses objectifs d'éditeur.
Il est inutile de préciser que les Harkis dénoncent son manque
d'objectivité et réfutent "sa" version de l'Histoire.
Cet article trouvé sur le net (http://www.afrik.com/article8121.html)
nous a intéressé car il s'adressait à la population Algérienne.
Comme vous pouvez le lire, Il pose la question où selon lui il faut"
s’interroger également sur ce qu’on
fait les harkis ".
Nous ne savons peut-être pas lire ou bien c'est le début d'une
justification du massacre des Harkis.
On remarquera aussi qu'à propos de la loi du 23
Février 2005 qui avait été reportée à plusieurs
reprises, seules les "indemnités" versées aux Harkis
(ce qui ne les regarde pas) les intéressent.
A cette époque, avant l'intervention de quelques opportunistes, tout
le monde se fichait du fameux Article 4.
Nous avons repris par la même occasion, les commentaires
de Khader MOULFI et Mohamed HADDOUCHE que vous retrouverez à la suite
de l'article.
Par Falila Gbadamassi
Mardi 15 février 2005
La
France offre à la communauté harki réparation à
travers une loi qui a été votée, jeudi dernier, par le
Parlement. Cependant, elle ne reconnaît toujours pas sa « responsabilité »
dans l’abandon de ceux qui seront massacrés par leurs compatriotes
après la fin de la guerre d’Algérie en 1962. Et pour les
rescapés, qui réussiront à se réfugier dans l’Hexagone,
la France ne sera toujours pas cette terre d’accueil tant espérée.
La France
a exprimé sa « reconnaissance » envers les harkis à travers
une loi votée jeudi dernier. La nouvelle loi prévoit des réparations financières
et morales. Ainsi les harkis et leurs orphelins percevront une "allocation de
reconnaissance" de 2 800 euros par an qui sera accompagnée d’un capital
de 20 000 euros. Il est également question de protéger les anciens harkis "contre
les insultes, la diffamation et contre ceux qui veulent nier leur tragédie".
Quarante trois ans après le drame qui a frappé cette communauté, la France poursuit
son mea culpa sans toutefois admettre sa "responsabilité" dans l’abandon
des harkis, livrés à la vindicte de leurs compatriotes après le cessez-le-feu
de mars 1962. Ignorés de la France, qui ne prévoit rien en ce qui les concerne
dans les accords d’Evian, ils seront massacrés par les leurs qui les considèrent
comme des traitres.
« Une
première dans notre histoire commune »
Encore
une fois, cette loi pose la question de la responsabilité de la France dans
le drame harki. Où se situe-t-elle vraiment ? Pour Benjamin
Stora, professeur d’histoire du Maghreb et de la colonisation française
et directeur de l’Institut Maghreb-Europe de l’Université Paris
VIII, la position actuelle de la France est « normale ».
« Ce n’est pas en France que les harkis ont été massacrés, ils
l’ont été en Algérie. Je ne vois pas ce que la France a à y voir. Et si
l’on cherche des responsables du côté algérien, qui sont-ils ? le
GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne, ndlr) ? l’état
major général, l’armée des frontières ? l’Etat ? Quel
Etat ? L’Algérie indépendante était dans un tel chaos ! Le massacre
des harkis tient plutôt de vengeance et de représailles cruelles de la part
de la population. Ce qui est certain, par contre, c’est que les harkis
ont été mal accueillis en France ». Car abandonnés de tous et sans
patrie, certains, ceux qui ne se feront pas massacrés (environ 50 000) arriveront
clandestinement à se réfugier en France. Indésirables, ils sont alors parqués
dans des camps. La France pour eux ne sera qu’indifférence. Une indifférence
que la France s’est évertuée tant bien que mal à réparer depuis quelques
années.
Une démarche
dont la loi de jeudi dernier est le point d’orgue. « Pour la
première fois, est reconnue la tragédie des disparus et de leurs familles, confrontées
à une incertitude insupportable. Pour la première fois, la loi protège les harkis
contre les insultes, contre ceux qui veulent nier leur tragédie, une tragédie
reconnue par la loi Romani de 1994 », a affirmé, jeudi dernier, M. Hamlaoui
Mekachera, ministre délégué aux Anciens combattants. Notons qu’en 2001
déjà, Jacques Chirac a rendu un hommage national à la communauté harkie, qui
compte en France 400 000 âmes, en inaugurant une plaque gravée aux Invalides.
Elle témoignait de la reconnaissance de la France « envers les rapatriés
anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité
en Algérie pour les sacrifices qu’ils ont consentis". Cependant pour Benjamin
Stora, au delà de la souffrance, il faudra bien un jour, aussi bien en France
qu’en Algérie, s’interroger également
sur ce qu’on fait les harkis. « Ils
ont choisi la France et ils ont perdu », constate-t-il.
Un choix qui scella à jamais leur destinée.
|